
Chaque point supplémentaire d’indice inflammatoire alimentaire est associé à une augmentation de 17 % du risque d’athérosclérose. Et si la pratique régulière d’une activité ou de l’exercice physique permet de réduire ce risque de 50 %, ce n’est le cas que chez les personnes dont l’alimentation est peu inflammatoire. Ces nouvelles limites des bénéfices cardiovasculaires de l’exercice liées à l’alimentation, révélées par une équipe de cardiologues de la Hamadan University of Medical Sciences (Iran), dans l’Open Cardiovascular Medicine Journal, rappellent qu’alimentation et activité physique sont des leviers complémentaires et non pas substituables.
L’athérosclérose est une maladie caractérisée par le rétrécissement et le durcissement progressifs des artères sous l’effet d’une inflammation chronique de bas grade, ce qui peut conduire à l’infarctus du myocarde ou à l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou encore à l’artériopathie périphérique.
Le rôle de l’alimentation dans son développement est bien établi, mais la relation précise entre profil inflammatoire du régime, activité physique et risque d’athérosclérose reste peu documentée.
L’indice inflammatoire alimentaire (DII) est un score validé scientifiquement qui quantifie le potentiel pro- ou anti-inflammatoire global de l’alimentation d’une personne, à partir de la composition détaillée de ses apports. Un score élevé reflète une alimentation favorisant l’inflammation systémique, le mécanisme central de la progression athérosclérotique.
L’un des auteurs principaux, le Dr Amin Sharifi, du Department of Nutrition and Food Hygiene et Nutrition Health Research Center de la Hamadan University, rappelle : « Les choix alimentaires ne sont pas une préoccupation secondaire en matière de santé cardiovasculaire ».
L’étude, menée auprès de 103 participants récemment diagnostiqués avec une maladie cardiovasculaire athérosclérotique et 103 témoins en bonne santé appariés pour l’âge et le sexe, a comparé les apports alimentaires détaillés, les scores DII et les niveaux d’activité physique des 2 groupes à partir de données d’enquêtes nutritionnelles et de questionnaires d’activité. L’analyse révèle que :
- les participants atteints d’athérosclérose consomment significativement plus de graisses totales, graisses saturées et graisses insaturées que les témoins en bonne santé ;
- le groupe témoin en bonne santé consomme davantage de glucides et de fibres alimentaires ;
- chaque unité d’augmentation du score DII est associée à une augmentation de 16,8 % du risque d’athérosclérose ;
- les personnes pratiquant une activité physique ou qui marchent régulièrement au moins une fois par semaine sont 50 % moins susceptibles de développer la maladie que les participants plus sédentaires ;
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cependant cet effet protecteur de l’exercice est sous condition :
- il n’est observé que chez les personnes dont le régime alimentaire est peu inflammatoire ;
- chez les personnes à alimentation hautement pro-inflammatoire, l’activité physique ne confère pas la même protection contre l’athérosclérose.
Quelles implications ? Ces résultats suggèrent que l’exercice et l’alimentation ne sont pas substituables, mais complémentaires, dans la prévention cardiovasculaire. Une réduction significative du risque athérosclérotique requiert simultanément une alimentation moins inflammatoire — riche en fibres, fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses — et une activité physique régulière.
Ces données rappellent un message clinique fondamental souvent négligé : prescrire ou recommander la pratique de l’exercice sans s’assurer de la qualité de l’alimentation ne suffit pas à protéger les artères du patient.
Source: The Open Cardiovascular Medicine Journal March 6, 2026 DOI : non communiqué Dietary inflammatory index, physical activity, and atherosclerotic cardiovascular disease risk: a case-control study
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