Le diabète et sa psychologie

Q SAVOIR santé log – Petite Enfance n° 18 – Janvier/Février/Mars 2013 21 A lire sur le web www.santelog.com/id1817 ou un « stylo » ou par administrations via une pompe, portable ou implantée. Le diabète de type 2 touche plutôt des personnes de plus de quarante ans, souvent caractérisées par une prédisposition génétique, une alimentation déséquili- brée, une absence d’activité physique, un surpoids, une précarité sociale, un tabagisme, un éthylisme, le tout sur fond de dépressivité plus ou moins latente. Il se traduit par deux types d’anomalies : le pancréas fabrique tou- jours de l’insuline, soit, en quantité insuffisante (on parle d’insulinopénie), soit en qualité défectueuse (on parle d’insulinorésistance). Les symptômes sont identiques à ceux du diabète de type 1. Le traitement classique asso- cie des mesures diététiques, une « prescription » d’acti- vité sportive et des injections d’insuline par seringue ou stylo. Les diabètes de type 1 et 2 ont des répercussions délétères sur la santé s’ils ne sont pas traités : caries et gingivites, rétinopathies et cécité, atteintes fonction- nelles et structurelles de nerfs, complications rénales, troubles cardio-vasculaires ou/et artériels, artérite des membres inférieurs avec risque d’amputation, séche- resse vaginale, dysfonction érectile, accident vasculaire cérébral, coma hypoglycémique, etc. Il n’est évidem- ment pas toujours simple d’établir le diagnostic de dia- bète de type 1 ou 2 à la seule vue des symptômes présentés par le patient. Le diabète gestationnel survient au décours de la grossesse, en général vers la fin du deuxième trimestre. Soit il était déjà présent, mais était passé inaperçu, soit il se développe uniquement à l’occasion de celle-ci. De fait, toute grossesse est en soi une période d’insulino- dépendance. Des risques sont alors courus autant par la mère (hydramnios, pré-éclampsie, oedèmes, hyper- tension artérielle, accouchement prématuré, dépres- sion du post-partum, toxémie gravidique, risque de développer ultérieurement un diabète de type 2, etc.) que par l’enfant (poids et croissance in utero excessifs, naissance prématurée, détresse respiratoire, hypergly- cémie néonatale, prédisposition au diabète de type 2, etc.). En ce cas, les traitements associent principale- ment auto-surveillance glycémique, régime, activité physique et injections insuliniques. Les autres formes de diabète dites encore secondaires relèvent surtout de la génétique (syndromes Mody et de Ballinger-Wallace, par ex.), de l’endocrinologie (maladie de Cushing, adé- nome de Conn, etc.) ou même de la iatrogénie médica- menteuse (corticoïdes, diurétiques, antipsychotiques et immunodépresseurs). • • Jean-Tristan Richard Psychologue-analyste Rappel sur la pathologie Le diabète se manifeste par un taux de glucose élevé dans le sang ou hyperglycémie. En d’autres termes, les glucides contenus dans les sucres et, à moindre degré, dans les féculents, et nécessaires à l’énergie dont notre corps a besoin pour fonctionner, après être passés dans les intestins, rejoignent la circulation sanguine et perturbent la fabrication du glucose et la sécrétion pan- créatique de l’insuline. C’est cette dernière qui permet, de fait, au glucose de pénétrer dans les cellules de l’or- ganisme (muscles, cerveau, tissus adipeux, foie, etc.). Chez les patients diabétiques, ce système ne fonc- tionne pas ou mal. C’est dès 1922 que les premières injections d’insuline ont montré des résultats convain- cants et c’est à partir des années 1980 que l’on a déve- loppé les premières insulines de synthèse avec efficacité. On sait encore qu’on doit distinguer trois grandes catégories de diabète : le diabète de type 1 (10 % des cas), le diabète de type 2 (85 % des cas) et les autres formes (5 % restants). Le diabète de type 1 concerne surtout des personnes jeunes : enfants, adolescents, adultes. Il toucherait chaque année près de 4 % de nouveaux patients âgés de moins de 5 ans. Il résulterait de la disparition de cer- taines cellules pancréatiques suite à l’excès de sucres. Il a été souvent dénommé « insulino-dépendant » ou encore « diabète maigre ». Il se manifeste par soif intense, urines abondantes, fatigue, amaigrissement soudain, douleurs abdominales, pâleur, fourmillements, céphalées, nausées, irritabilité, confusion mentale, dépression, etc. Le traitement habituel consiste en une adjonction d’insuline, par injections avec une seringue Le diabète et sa psychologie On le sait, depuis 1889, le diabète est une anomalie de l’assimilation et de l’utilisation des sucres apportés par l’alimentation au sein de l’organisme. Il touche aujourd’hui près de 4 millions de personnes en France dont près de 15 000 enfants. D’aucuns ont même parlé d’épidémie, puisque le nombre de patients, jeunes et adultes confondus, qui le savent ou l’ignorent, a doublé ces dernières dix années, ce qui signerait pour cette pathologie l’influence de facteurs environnementaux bien plus que celle des facteurs génétiques... © dalaprod - Fotolia.com L’approche psycho-dynamique du diabète comprend la prise en charge des facteurs psychiques de la maladie et les effets sur le patient, en particulier quant à ses difficultés à gérer son traitement.

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